« Pour que les arbres et les plantes s’épanouissent, pour que les animaux qui

s’en nourrissent prospèrent, pour que les hommes vivent, il faut que 

la terre soit honorée. » Pierre Rabhi

L’espace Nouvelle Terre
Glossaire

Petit lexique (non exhaustif) sur l’agriculture bio, la permaculture, l’agroécologie,

la biodynamie. n’hésitez pas à nous faire part de vos suggestions

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Agriculture Bio

L'agriculture biologique est la réponse écologique à l'agriculture conventionnelle, les traitements sont réalisés grâce à des produits provenant de la nature, les produits chimiques provenant du pétrole sont bannis. Le travail du sol pour lutter contre l'herbe permet une prise en compte importante du sol et du sous-sol.


Ce qu'il faut savoir c'est que le terme agriculture biologique ne veut pas dire sans traitements, il veut seulement dire que les produits sont d'origine naturelle et la lutte contre les maladies et les ravageurs reste quand même suivis de près. Certains produits peuvent être toxiques pour l'homme et les sols à hautes doses comme le soufre et le cuivre, ces produits sont extraits dans des carrières et se présentent sous différentes formes lors de leur incorporation aux bouillies de traitements. L'emploi du cuivre en bio est limité à 6 kilogrammes par hectare et par an ce qui reste une faible dose par rapport à ce qui a put être utilisé par le passé au moment de l'essor industriel. D'autres produits comme les bactéries telle la Bacillus Turengiencis luttent contre les ravageurs et les maladies.


La prise en compte du sol et du sous-sol est une réflexion annuel, à partir du moment ou le désherbage mécanique du sol est une priorité, une grosse limitation du poids des tracteurs est favorisé afin de limiter le tassement des sols. Un sol qui vit est un sol bien aéré avec de nombreux champignons, des bactéries et une micro-faune importante. Le rôle des vers de terres est essentiel, ils sont de véritable laboureurs mélangeant tout au long de l'année les couches de terres. Cette vie du sol permet la production de matière organique propre à chaque terroir, l'humus est maintenu à une quantité suffisante pour que le sol vive de nombreuses années. L'homme intervient quand même lorsque les prélèvements de matière organique réalisés sur la terre par le biais des moissons ou des vendanges dépassent la production annuelle de matière organique du sol, il ramènent soit des engrais d'origine naturelle comme les guanos soit des composts riches en activité micro-biologique.


Pour simplifié, l'agriculture biologique si elle est bien pratiquée est beaucoup plus écologique que l'agriculture conventionnelle et le paysan reste beaucoup plus proche de ses terres en effectuant plus de travail manuel et des contrôles plus précis. Toutefois le bio n'est pas une garantie de qualité mais une assurance d'une méthode de production sans chimie et contrôlé par des organismes extérieurs aux exploitations. (source : www.laclefdesterroirs.com)

Agriculture Biodynamique

L'agriculture bio-dynamique prend la nature dans son ensemble afin de produire des aliments sans entamer la capacité des générations à réaliser le même objectif voire même à améliorer cette capacité. Le sol devient le composant le plus important dans ce type d'agriculture, en effet c'est de lui que toute la vie sur terre est dépendante, à vrai dire même que du seul premier mètre de terre.


Ce premier mètre de terre riche en humus a mis des milliers d'années pour avoir une activité micro-biologique aussi importante et une micro-faune aussi abondante. Ces micro-organismes travaillent sans relâche pour produire la matière organique dont les plantes ont besoin pour se développer, il est donc important d'en prendre soin. L'agriculture conventionnelle a détruit la majeure partie de ces populations microscopiques avec les fongicides, les insecticides et les désherbants et il devient nécessaire de faire un retour en arrière avant d'anéantir totalement les sols de la planète. L'agriculture bio-dynamique permet notamment de revenir à un état de bonne santé des sols en une dizaine d'années, ce qui reste relativement peu dans la vie d'un sol qui a vécu beaucoup de choses avant nous et qui continuera de vivre encore longtemps après nous.


Les bases de l'agriculture bio-dynamique sont fondées sur une conférence de Rudolf Steiner (1861-1925) aux agriculteurs européens en Allemagne durant le mois de Juin 1924. Cet homme, grand philosophe en son temps, avait une faculté à relier les composants de l'agriculture à leurs aspects spirituels et estimait que la science est une belle invention mais qu'il ne faut pas la suivre au point d'en oublier tous les acquis de nos ancêtres remontant en termes d'agriculture à plus de 7900 ans. En 1924 certains agriculteurs se posaient déjà des questions sur l'utilisation des engrais chimiques produits en trop grand nombre pendant la première guerre mondiale et utilisés en agriculture, ils trouvaient déjà que la qualité de leur alimentation s'était dégradée. Le discours de sa conférence à Koberwitz en 1924 est publié en livre: "Agriculture: Fondements Spirituels de la Méthode Bio-Dynamique" disponible aux Éditions Anthroposophique Romandes (difficile à lire pour un néophyte). Son discours mettait déjà en garde contre les méfaits de l'alimentation du bétail avec des farines animales qui provoque une production trop importante d'urate allant au cerveau et rendent le bétail fou. 70 ans plus tard le scandale de la vache folle démontre à grande échelle les méfaits de l'alimentation du bétail avec des farines animales. Ceci n'est qu'un exemple des points abordés lors de ce cours aux agriculteurs.


L'agriculture bio-dynamique possède de nombreux points communs avec l'agriculture biologique comme la non utilisation de produits de synthèse lors des traitements contre les maladies. Par contre, en viticulture par exemple, le cuivre est utilisé à des doses limitées à 15 kilogrammes par hectares pour 5 ans pour une moyenne de 3 kg à l'année soit moitié moins qu'en bio. Les causes de cette limitation sont simples, le cuivre étant un fongicide a, lors de son lessivage sur le sol, un impact direct sur la micro-flore en détruisant les populations de champignons du sol. Pour limiter l'utilisation du cuivre, des tisanes et des décoctions de plantes comme la prêle, l'ortie ou l'osier sont incorporées aux bouillies de traitements, les substances naturelles contenues dans ces plantes sont diffusées dans l'eau des tisanes et assurent une protection contre le mildiou permettant l'usage du cuivre à des doses beaucoup plus faibles qu'en viticulture biologique.


Le respect des rythmes de la journée, de l'année ainsi que du cycle lunaire sont primordiaux, les rythmes astraux sont également pris en compte mais de manière moins draconienne. La réflexion à faire sur le cycle lunaire est simple à s'imaginer, la science a prouvé l'influence de la lune sur l'eau des mers et des océans avec les marées, les plantes sont constituées de 80 à 95% d'eau, elles subissent de la même façon que les marées l'influence de la lune; les proportions étant différentes le résultat est moins perceptible à l'œil nu. Par contre la sève réagit au cycle lunaire de telle façon que la sève a tendance à descendre lorsque la lune est dite descendante et à monter lorsque la lune est dite montante. Le viticulteur peut utiliser ce rythme lors de la taille pour limiter ou augmenter la vigueur de sa vigne l'année suivante.


L'apport d'engrais sous forme de compost ou de guano permet de nourrir les populations microbienne faisant le travail d'assimilation et de transformation de la matière organique. Plusieurs fois par an la pulvérisation d'une bouse de corne aussi appelé "500" permet d'ensemencer le sol en bactéries et champignons. La "500" est obtenue par le remplissage de corne de vache avec de la bouse de vache, ces cornes sont ensuite enterrées pendant un hiver en tas. Pendant l'hiver l'activité micro-biologique autour du tas est intense et lors du déterrement la bouse de vache contenue dans les cornes s'est transformée en humus très riche en champignons et en bactéries.


Ce type d'agriculture qui reste une utopie pour la majorité des agronomes cartésiens est de plus en plus pratiquée par des agriculteurs s'étant rendu compte de l'impact négatif de l'agriculture conventionnelle et cherchant un rapport avec la nature un peu moins dépendant des lobbying de l'industrie chimique. Chaque bio-dynamiste a tendance à faire sa propre bio-dynamie en suivant plus ou moins assidument les recommandations des calendriers planétaire et lunaire. La perception spirituelle de chacun est différente ce qui entraine une perception différente de l'agriculture bio-dynamique d'une exploitation à une autre mais ne serait-ce pas là la voie intéressante de ce type d'agriculture: la diversité!


La marque "Demeter" permet de certifier que les produits étiquetés proviennent exclusivement d'exploitation où l'agriculture bio-dynamique est pratiquée, ce logo ne peut être apposé que si l'ensemble d'une exploitation est travaillé en bio-dynamie. (source : www.laclefdesterroirs.com)

Agriculture conventionnelle

L'agriculture conventionnelle est la plus pratiquée à travers le monde, elle est apparu après les grandes guerres mondialesqui ont grandement améliorées la connaissance de la chimie. C'est une agriculture ou les traitements sont réalisés grâce à des produits chimiques plus ou moins nocifs. Ceux-ci sont appliqués pour prévenir des maladies et des insectes nuisibles des cultures.

Tous ces produits au même titre que ceux employés en Bio se retrouvent dans les aliments, par contre leurs toxicités est estimée supérieur aux produits certifiés pour l'agriculture biologique. Il est prouvé que ces produits s'accumule dans les graisses et lorsque leur teneur devient élevée la probabilité de développer une maladie comme le cancer est plus importante.


Un film documentaire: "Nos enfants nous accuseront" de Jean-Paul Jaud retrace la vie d'agriculteurs, d'enfants et de personnes voisines des cultures. Aujourd'hui le cancer fait partie intégrante de la vie des campagnes, et tout ça à cause de quoi?

Un des plus gros problème de l'agriculture conventionnelle reste la mort des sols et des sous sols. En effet, pour fonctionner le sol a besoin des bactéries, des champignons et de la microfaune. L'utilisation de produits chimiques puissants contre les champignons nuisibles des cultures(fongicides), contre les insectes nuisibles(insecticides) et pour maitriser l'herbe (herbicide) a contribué à diminuer la vie dans les sols à un stade où pour produire des quantités satisfaisantes il est nécessaire d'employer des engrais à des doses pouvant être très importantes. Ce phénomène engendre des sols pauvres ne fabriquant plus leur propre matière organique, dans l'exemple de la viticulture l'intérêt de produire un vin à un terroir précis n'a plus beaucoup de sens car l'expression du sol ne se retrouve plus dans le verre, la matière organique a été produite en usine.


Pour finir sur une triste note, l'arrivée des OGM n'est pas une solution comme prédit par les grandes firmes produisant les semences. Les insectes que les variétés OGM sont censés combattre mutent sous des formes ou il se retrouvent insensible aux substances incorporées dans la plante, ainsi en plus d'avoir à utiliser des semences OGM, l'agriculteur doit utiliser des produits encore plus toxiques que ceux précédemment utilisés. Le coût économique et écologique des OGM risque d'être très important dans un futur proche.

Un très bon film documentaire: "Le monde selon Monsanto" de Marie-Monique Robin permet de comprendre les enjeux des OGM pour les grandes firmes agroalimentaire.

L'agriculture raisonnée est une réponse un peu rapide à une agriculture écologique car ce n'en est pas une! Avant, les produits chimiques étaient utilisés sans raisons, aujourd'hui une réflexion est faite avant leur emploi! Heureusement je dirais! C'est un peu un trompe l'œil pour coller avec un marché de plus en plus écologique et sensible aux risques engendrés par l'absorption de substances toxiques.


Pour conclure, l'agriculture conventionnelle correspond à une réponse économique du monde capitaliste, elle permet de produire de grosses quantités d'aliments avec le minimum d'efforts physiques. Les tracteurs, les produits chimiques, les engrais sont utilisés à outrance sans trop penser à l'impact sur les sols et la biodiversité des plantes en privilégiant la monoculture. On ne peut pas en vouloir aux agriculteurs pratiquant ces techniques mais plutôt au lobbying des industries pétrolières s'assurant chaque jours du fonctionnement de leur système. (source : www.laclefdesterroirs.com)

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Agroécologie

l’agroécologie désigne des « systèmes de culture », construits pour minimiser la pression (consommation d’eau, d’énergie fossile,...) sur l’environnement tout en assurant une productivité optimale. Proche des techniques de l’agriculture biologique, l’agroécologie apporte une attention forte à la qualité du sol et de l’humus.


L’agroécologie est une technique inspirée des lois de la nature. Elle considère que la pratique agricole ne doit pas se cantonner à une technique, mais envisager l’ensemble du milieu dans lequel elle s’inscrit avec une véritable écologie.